• 8 MAI

     

     

    LE 8 MAI

     On ne travaille pas pour fêter la fin de la deuxième guerre mondiale. 


    Le 8 mai 1945, l'Allemagne qui était commandée par les nazis
    avec à leur tête Hitler a reconnu avoir perdu la guerre.  
    Les nazis ont martyrisé des millions de personnes en Europe.
    Le terme de barbarie était encore trop faible
    pour décrire la façon dont ils ont agi.
    On a du inventer un nouveau concept lorsqu'on a jugé les chefs nazis
    encore vivants lors du procès de Nüremberg, celui de crime contre l'humanité.


    Hitler, lui, s'était suicidé avec une partie des ses proches
    avant la fin de la guerre, lorsqu'il a compris que tout était perdu.

     
    La Seconde Guerre mondiale se termine officiellement en Europe
    le 8 mai 1945, à 23h01,
    au lendemain de la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie.

    Défaite totale de l'Allemagne nazie


    A partir de la bataille d' El-Alamein
    (23 octobre 1942),
    les armées allemandes ont subi défaite sur défaite et reculé sur tous les fronts.

    Le 25 avril 1945, les troupes soviétiques et anglo-américaines
    font leur jonction au milieu de l'Allemagne, sur l'Elbe, à Torgau.

     
    Hitler, terré dans son bunker de Berlin, avec son dernier carré de fidèles,
    se suicide le 30 avril.


     Il revient à son successeur, l'amiral Dönitz (ou Doenitz),
    de demander la cessation des combats aux puissances alliées,
    les Anglo-Saxons et les Soviétiques.

     
    Karl Dönitz envoie le général Alfred Jodl, chef d'état-major de la Wehrmacht,
    à Reims (France), au quartier général des forces alliées
    du général Dwight Eisenhower.

     
    Celui-ci est installé dans le grand bâtiment de briques rouges
    de l'École professionnelle de Reims
    (c'est aujourd'hui un collège qui porte le nom de lycée Roosevelt).



    Signature de la capitulation à Reims (7 mai)

     
    Le général Alfred Jodl (55 ans) signe dans la nuit du 7 au 8 mai, à 2h 41,
    la capitulation sans condition de l'Allemagne...
    Quelques mois plus tard, il sera déféré au Tribunal de Nuremberg
    et condamné à mort pour avoir contresigné des ordres contraires
    au droit international (exécution d'otages ou de prisonniers).
    Il sera pendu le 16 octobre 1946.

     
    Côté vainqueurs, l'acte de capitulation est signé
    par le général Walter Bodell-Smith, chef d'état-major du général Eisenhower, commandant suprême des Alliés, et le général soviétique Ivan Sousloparov.
    Le général français François Sevez, chef d'état-major du général de Gaulle,
    est invité à le contresigner à la fin de la cérémonie en qualité de simple témoin.


    La cessation des combats est fixée au lendemain 8 mai, à 23h 01
    (mais certaines troupes allemandes résisteront au-delà de cette date, notamment dans la place forte de Saint-Nazaire).


    Ratification de la capitulation à Berlin (8 mai)


     Pour Staline, l'allié soviétique, il ne suffit pas
    que la capitulation ait été signée à Reims,
    dans la zone occupée par les Anglo-Saxons.
    Il faut aussi qu'elle soit ratifiée à Berlin, au coeur du IIIe Reich,
    et accessoirement dans la zone d'occupation soviétique.
    Cette formalité est accomplie le lendemain 8 mai 1945, à 15 heures,
    au quartier général des forces soviétiques du maréchal Joukov,
    dans le quartier de Karlshorst.

     
    Après cela, les chefs d'État et de gouvernement alliés, dont le général de Gaulle, peuvent annoncer simultanément sur les radios la cessation officielle
    des hostilités en Europe.
    Aux États-Unis, l'annonce de la victoire revient au président Harry Truman,
    son prédécesseur Franklin Roosevelt étant mort d'épuisement et de maladie
    le mois précédent, le 14 avril 1945.



    La capitulation n'est pas la paix

     
    La guerre ne se termine cependant pas
    avec la capitulation de l'Allemagne nazie...

    Le Japon de l'empereur Showa, allié de Hitler, poursuit un combat désespéré contre les Américains dans l'océan Pacifique.
    Il faudra les deux explosions atomiques de Hiroshima
    et Nagasaki,
    les 6 et 9 août 1945, pour amener ce pays à résipiscence.

     
    C'est seulement avec la capitulation du Japon le 2 septembre 1945,
    près de quatre mois après celle de l'Allemagne,
    que prend donc véritablement fin la Seconde Guerre mondiale.


    Les Américains distinguent ainsi le V-E (Victory-Europe) Day,
    jour de la victoire en Europe et le V-J (Victory-Japan) Day,
    jour de la victoire sur le Japon.


    La
    capitulation vue de Paris et de Moscou


    La France, bien qu'officiellement retirée de la guerre
    depuis l'armistice du 22 juin 1940,
    a été présente lors de la signature de l'acte de capitulation,
    aux côtés de l'Angleterre, des États-Unis et de l'URSS.


    Charles de Gaulle avait convaincu Winston Churchill
    d'accorder ce privilège à son pays.
    Pour le chef de la France libre, le conflit qui s'achevait
    avait commencé non pas en 1939 mais en 1914.
    Au terme de cette guerre de trente ans,
    il estimait que son pays avait bien mérité de la Victoire.


    Le gouvernement du général de Gaulle est donc représenté à Berlin
    par le chef de la 1ère armée française, le général Jean de Lattre de Tassigny.

    Lorsque celui-ci exige qu'un drapeau français soit joint aux drapeaux anglais, américain et soviétique dans la salle de capitulation, il s'attire cette réflexion d'un officier britannique : «Et pourquoi pas le drapeau chinois ?»


    Le maréchal Keitel, commandant en chef de l'armée allemande,
    s'exclame pour sa part en voyant le drapeau français :
    «Ah, il y a aussi des Français ! Il ne manquait plus que cela !»


    Négligeant de commémorer la capitulation du 7 mai, à Reims,
    à laquelle ils n'ont eu aucune part,
    les Français ont choisi par la suite de commémorer
    exclusivement le 8 mai 1945.
    En 1975, le président Giscard d'Estaing a prétendu mettre un terme
    à cette commémoration par souci de réconciliation avec les Allemands...
    mais au grand scandale des associations d'anciens combattants.


    En 1981, le 8 mai est redevenu férié... et chômé qui plus est.
    L'attention portée à cette célébration paraît d'autant plus incongrue
    que le 8 mai 1945 est aussi marqué par la répression sanglante de Sétif
    .


    À noter que ni les Anglais, ni les Américains ne chôment le 8 mai
    bien qu'ils aient les meilleures raisons du monde de commémorer
    cet anniversaire.
    Quant aux Russes, c'est le 9 mai qu'ils célèbrent
    la capitulation de l'Allemagne nazie,
    la cessation des combats ayant été enregistrée ce jour-là à Moscou
    en raison du décalage horaire...
    La France est de la sorte le seul pays qui commémore le 8 mai 1945
    par un jour férié et chômé !

     








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